« Chita pale ak MCI » dans le Nord accouche plus que de simples recommandations Print E-mail

L’Agence pour le développement des exportations de la Caraïbe (Caribbean Export), dans le cadre de la mise en œuvre des activités du Programme d’appui à la coopération binationale entre Haïti et la République dominicaine dans le domaine du commerce, a mis face à face les acteurs des secteurs public et privé concernés par le volet du commerce. Après deux jours de discussion et de débats, plusieurs recommandations ont été faites. Les autorités promettent d’y donner une suite positive.

Ils étaient plusieurs dizaines d’entrepreneurs, de représentants de chambres de commerce, de membres de la société civile, de fonctionnaires de l’État et de bailleurs de fonds à prendre part à Villa Cana Auberge au Cap-Haïtien les 26 et 27 octobre derniers à l’atelier organisé par la Caribbean Export auquel on attribuait le vocable de « Chita pale ak MCI ». Il s’agissait d’un dialogue entre les secteurs public et privé concernés par le commerce et l’industrie. C’était, entre autres, l’occasion pour les entrepreneurs et les autorités de se mettre sur une même table afin de poser les problèmes liés à ces deux secteurs susmentionnés.

L’objectif d’une telle activité, selon les responsables, est la création d’une synergie entre les entrepreneurs, les chambres de commerce et le ministère du Commerce et de l’Industrie afin de mieux connaître les services offerts par le ministère, de discuter de la responsabilité sociale des entreprises et de la législation et les règlements relatifs à ces dernières. Il était également question d’identifier les mesures de politiques et de réformes institutionnelles qui contribueront au développement de l’économie du pays.

Pour y arriver, aucun sacrifice n’a été épargné. Les acteurs, de tous les secteurs confondus, ont travaillé jusque fort tard afin de boucler le programme préétabli et de faire valoir leurs points de vue. L’atelier vise à donner des pistes de solutions pour répondre à certains problèmes auxquels sont confrontés les secteurs du commerce et de la production. '' Chita pale Ak MCI '' se propose ainsi d’être une activité contribuant à l’harmonisation et la recherche de propositions s’inscrivant dans la durabilité des actions en vue de lever les obstacles structurels qui freinent les initiatives des entrepreneurs et investisseurs voulant créer des emplois susceptibles d’élargir la classe des PME et améliorer les conditions de vie de la population.

Toutes les actions entreprises lors de cet évènement concourent en ce sens. En plus des exposés magistraux, plusieurs séances de travail ont été tenues. À travers cet atelier, il est question de mutualiser les forces au profit du développement des secteurs concernés. C’est le moyen de matérialiser le dialogue public/privé devenu à la mode depuis plusieurs années. L’atelier revêt, selon le directeur général du ministère du Commerce, Daniel Denis, une importance capitale pour le secteur de la production.

Cette concertation regroupe les formes d’interaction entre les représentants de l’État et le secteur privé tant national que régional ayant trait à l’élaboration de politiques publiques. À l’instar du DG, les participants y entrevoient des retombées positives pour le secteur. Les contraintes liées à la création d’entreprises, les mécanismes de support, le cadre légal dans lequel évolue les entreprises du pays, tout a été passé en revue. Il est, par ailleurs, demandé aux responsables du ministère en question de prendre en compte les recommandations issues d’un tel atelier.

Ce faisant, croient-ils, un pas important sera franchi dans l’optique d’améliorer l’environnement des affaires en favorisant la promotion des chaînes de valeur prioritaires susceptibles d’attirer des investissements directs nationaux et étrangers. Des recommandations ont été faites en ce sens et le directeur général promet d’en faire un plan d’action. « Ces recommandations seront prises en compte », a fait savoir Daniel Denis. Après une telle activité on a compris qu’il y a lieu de renforcer les mécanismes mis en place par l’institution qu’il dirige. Il invite, par ailleurs, les Chambres de commerce, les entrepreneurs et les investisseurs à s’activer également afin de s’ériger en groupes de pression afin de forcer les autorités étatiques à transformer ces recommandations en un plan d’actions avec un échéancier et des mécanismes de suivi.

Marc Georges, le président de la Chambre de commerce et d’Industrie du Nord, se dit prêt à œuvrer dans une telle aventure. Pour favoriser un cadre d’investissement attrayant dans le pays, le ministère du Commerce, avance-t-il, doit impliquer toutes les institutions concernées par la question. Il enjoint, par ailleurs, l’organe étatique à renforcer sa représentativité dans les différentes régions du pays en vue de mieux servir les investisseurs et les entrepreneurs.

Le programme d’appui à la Coopération binationale entre Haïti et la République Dominicaine est un programme de plus de sept millions d’euros financé par le Fonds européen de développement (10e FED). Par ce dernier, selon le représentant de l’UE, Durruty Vincent, les concepteurs veulent améliorer le climat des affaires pour pouvoir libérer la force économique du pays et in fine travailler avec les voisins dominicains en vue de meilleurs accords commerciaux et promouvoir les exportations.

Dans deux semaines, ce programme touchera à sa fin. Au cours de son exécution, si l’on en croit le directeur exécutif de la Caribbean Export, Escipion J. Oliveira Gómez, trois grandes activités ont été réalisées: cet atelier, la signature d’un accord entre les secteurs privés haïtien et dominicain, sans oublier la signature d’un accord de règlement de controverses commerciales entre les Chambres d’arbitrage d’Haïti et de la République dominicaine. Pour l’instant, l’emphase est déjà mise sur un autre programme afin de renforcer les acquis de ce dernier. Dans le cadre du 11e FED, une enveloppe de 11 millions d’euros est prévue pour le volet de développement du commerce.

Le Nouvelliste